Secret Appli

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Une nouvelle étape vient d’être franchie dans l’espionnage de la vie des autres. Avec Facebook, on peut savoir ce que font nos amis en lisant leurs statuts et en regardant leurs photos. Avec Foursquare, on peut savoir ce que font nos amis en cherchant où ils sont grâce à leurs check-in. Mais tout cela, c’est parce qu’ils le veulent bien. Tout ce qu’ils publient, ils le font en connaissance de cause et en sachant très exactement qui pourra accéder à ces informations. 

Aujourd’hui, nous avons la possibilité d’accéder à des éléments beaucoup moins politiquement corrects grâce à l’application Secret. Le but ? Se connecter et soulager sa conscience en toute liberté. Tous les secrets publiés sont dévoilés anonymement. Ils peuvent également être “likés” et commentés, toujours anonymement. Comme la connexion s’effectue par Facebook ou par adresse e-mail, l’utilisateur se retrouve donc avec des amis sur l’application. Mais il ne sait pas qui est qui. Il va donc ouvrir Secret et voir des confessions… signées par Friend ou Friend of a friend sans savoir de qui il s’agit. D’où l’analogie avec un bal masqué, terme utilisé par les créateurs pour expliquer le fonctionnement de l’app. Lancé aux U.S en janvier, dans certains pays anglophones en avril et dans le reste du monde en mai dernier, Secret permet aussi de voir les secrets partagés à proximité grâce à la catégorie Explore. Qui sait, peut-être un voisin va-t-il avouer que c’est lui qui a fait tomber en panne l’ascenseur l’autre jour ?

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On se demande comment une telle idée a-t-elle pu surgir. La réponse est assez simple : les secrets ont toujours fasciné. Qui dit secret dit discrétion, confidentialité et interdiction, tout le contraire de l’étalage public de nos vies sur les réseaux sociaux. C’est ce paradoxe qui donne envie de télécharger l’application. Le bal masqué peut alors commencer, même si l’activité en France n’est pas aussi importante qu’aux États-Unis, avec des confessions qui ont en majorité trait aux histoires d’amour. Rien de choquant, rien de grave, juste quelques anecdotes un peu honteuses pas racontables. A-t-on envie, en voyant le mot Friend, de chercher à savoir qui a bien pu dire telle ou telle chose ? Si l’on se sent une âme de détective, pourquoi pas…

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Regarder, c’est une chose. Mais poster, alors ? Pourquoi l’utilisateur aurait-il envie de se jeter à l’eau en publiant sur l’application un secret dont il n’a jamais parlé à personne ? C’est là que le bal masqué devient une sorte de confessionnal ultra-privé. Et cela doit, en théorie, faire du bien d’avouer quelques cachotteries. En-dessous de 6 likes, le secret reste dans le cercle d’amis. Mais au-delà, il devient public. Et n’importe qui pourra le commenter. Messages de soutien ou, au contraire, reproches, parfois même insultes, le propriétaire du secret est prêt à se faire juger… mais sans jamais voir son identité dévoilée. Existe-t-il un risque que l’application soit piratée, que les masques tombent ? Peut-être. Mais en attendant, Secret est disponible, fonctionne bien, et permet d’assouvir son côté voyeur et/ou de se confier en toute tranquillité. 

PS : puisque vous posez la question : OUI, je l’ai téléchargée, mais NON je n’ai pas encore posté. J’attends que vous soyez inscrits vous aussi !

Un été connecté

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Faisons un plongeon dans l’été… d’il y a vingt ans. À cette époque, le vacancier était confronté, une fois installé dans son lieu de villégiature, à trois corvées : le coup de téléphone aux proches pour dire qu’il était bien arrivé, les cartes postales pour dire que tout se passait bien et les photos de vacances pour attester qu’effectivement, tout s’était bien passé.

Je parle de corvées à juste titre. Honnêtement, qui n’a jamais peiné devant une carte postale ? Qui n’a jamais oublié l’adresse du destinataire ? Qui ne s’est jamais retrouvé en panne d’inspiration ? Qui n’a pas rechigné à faire développer ses photos et les classer dans un album acheté chez Carrefour ? Les corvées sont encore plus rébarbatives à l’étranger. La communication téléphonique qui coûte plus cher que d’habitude, la difficulté de trouver des timbres quand le vacancier ne connaît pas la traduction du mot dans la langue du pays, les délais d’arrivée des cartes… sont autant d’éléments pénibles.

Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont mis un terme à ce trio de corvées avec une facilité déconcertante. Encore faut-il capter un réseau Wi-FI gratuit, condition sine qua non pour rester connecté. Mais en général, la plupart des hôtels, bars et restaurants proposent ce service. Et certains endroits ont même eu la lumineuse idée de mettre en place un Wi-FI gratuit partout dans la ville, à l’instar de Tel Aviv en Israël.

Corvée numéro 1 : l’appel à un ami

Pas besoin de passer plusieurs appels pour rassurer famille et amis parfois éparpillés dans plusieurs villes, on se contente maintenant d’un statut Facebook pour avertir en un clic la totalité de ses contacts. Du classique “Bien arrivé” au plus sadique “30 degrés à l’ombre, le séjour va être chaud”, chacun annonce à sa manière que tout va bien pour lui. Twitter est une autre solution : un petit gazouillis en mentionnant les personnes à qui l’on veut s’adresser et le tour est joué. Et pour faire les choses dans les règles de l’art, le check-in sur Foursquare est de mise. Il permet même de savoir le nombre exact de kilomètres parcourus depuis la destination de départ ! Pour une efficacité optimale, une connexion à Path permet de publier simultanément un statut sur tous les réseaux précédemment cités.

Corvée numéro 2 : vous êtes timbré

Les cartes postales ont un je-ne-sais-quoi de délicieusement rétro mais il arrive parfois qu’une paresse typiquement estivale entraîne le vacancier à faire l’impasse sur cette étape. Là encore, Facebook est un moyen simple et rapide qui permet de donner des nouvelles au plus grand nombre. Mieux encore, il permet une interaction grâce aux commentaires. Pour illustrer son bonheur en image, Instagram s’impose. Couchers de soleil aux couleurs incroyables estampillés #NoFilter et plages sublimes en passant par des assiettes alléchantes, une photo pèse parfois plus lourd que des mots. Le tout, de manière instantanée. Les proches n’attendent pas impatiemment le passage du facteur. En revanche, ils aimeraient bien un peu moins de photos de pieds sur fond turquoise. A la longue, ça fatigue.

Corvée numéro 3 : mets pas tes doigts sur les photos

Prendre la pose, trouver une bonne âme pour immortaliser le moment, finir la pellicule, l’apporter au laboratoire, attendre une semaine pour récupérer ses précieux clichés et enfin, pouvoir les montrer. Drôle de chemin de croix. Le vacancier moderne ne se donne plus toute cette peine. Une fois la carte-mémoire de l’appareil remplie de photos, il n’a plus qu’à les télécharger sur Facebook ou même créer une galerie sur Google + en fonction des personnes avec qui il souhaite partager ses souvenirs (oui, il y a encore des gens qui utilisent Google +). Encore une fois, on retrouve les mêmes avantages que pour les corvées précédentes : une rapidité certaine et la possibilité de toucher un grand nombre de personnes sans même avoir à les prévenir. De plus, si certains de vos contacts Facebook ont activé les notifications à chacune de vos publications, ils seront prévenus instantanément dès que vos photos seront en ligne.

Finalement, la seule chose pour laquelle les réseaux sociaux ne vous seront d’aucune aide cet été, ce sera pour faire votre valise.