Réseaux Sol’OH

Pas d’article aujourd’hui mais une vidéo très intéressante, The Innovation of Loneliness, qui explique en 4 minutes 27 le lien qui existe entre les réseaux sociaux et la solitude.

A voir absolument !

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Le Like ou la démocratisation du chantage affectif

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En 2010, l’apparition du bouton “Like” représenté par un pouce levé et traduit par “J’aime” en français a changé la manière de s’exprimer sur Facebook. Avant, quand un contenu plaisait à l’internaute, il lui fallait se fendre d’un commentaire. Aujourd’hui, un simple clic sur le pouce suffit et l’on peut donc mettre des Likes en série. C’est ainsi qu’une personne qui vient de mettre en ligne un album photo de ses vacances peut se retrouver avec des dizaines de Likes… mais zéro commentaire. Oui, les amis ont aimé, non, ils n’allaient pas en plus perdre leur temps à écrire des compliments. Le Like a rendu un grand service aux paresseux, à ceux qui sont pressés et à ceux qui n’aiment pas se répandre en propos élogieux. Rapide, reconnaissable d’un coup d’oeil et facile à utiliser : tout le monde like le Like.

Mais le Like a également remplacé la mention “Become a fan” qui existait pour les fan pages. Avant, on devenait fan d’un chanteur, d’un film, d’un phénomène, d’une bloggueuse, d’une marque de céréales. Aujourd’hui, il y a juste besoin de cliquer sur Like. Et même si le procédé est le même (un clic suffit), le fait que le mot ait changé rend l’action encore plus simple et en minimise l’impact.

Par exemple, un ami vient d’être embauché dans une agence de communication spécialisée dans le web. Cette agence vient de naître et, pour se faire connaître, a créé sa page. Votre ami, logiquement, va mettre un Like a cette page. C’est tout naturel, c’est corporate. Ce qui sera moins naturel, ce sera d’inviter toute sa liste de contacts à faire de même. Pourquoi ? Pour accroître la notoriété de l’agence, pour faire du buzz et récolter des centaines de Likes afin de pouvoir dire : Oui, nous sommes influents sur le web.

Mais dans ce genre de situation, accepter de liker une page est simplement un service que l’on rend à la personne. Dans le cas de l’agence de communication, cela ne changera rien à nos vies. Les actualités de l’agence, ses nouveaux clients… cela ne nous concerne pas. Une page Like sert à se tenir au courant des actualités de personnes et événements qui nous intéressent réellement. Or, dans ce cas, ce n’est pas le cas.

Idéalement, la liste de Likes d’un utilisateur de Facebook est un reflet de sa personnalité et de ses goûts. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Un utilisateur de Facebook reçoit plusieurs requêtes pour des pages dont il n’a que faire, dont il ne connaît parfois même pas le contenu. Mais c’est une demande d’un ami, cela l’aide… alors il clique. C’est un acte automatique, dépourvu d’intérêt. Il le fait par convention.

Ce genre de situation donne parfois lieu à des scènes étranges dans la vie réelle. Deux amis se retrouvent pour discuter et, au cours de la conversation, le gros mot est lâché : “Au fait, tu as liké ma page ?”. Face à cette question, les vraies réponses se font rares : “Non, je ne lis pas ton blog” / “Non, parce que je ne fume pas de cigarettes électroniques” / “Non, je m’en fiche”. Au lieu de cette franchise un peu trop abrupte, la personne répondra invariablement “Oui, j’ai vu, je vais le faire, c’est juste que je n’ai pas eu le temps”. Et elle le fera, au bout de quelques heures, quelques jours, quelques semaines.

Finalement, quand un ami vous demande de liker sa page, cela représente plus qu’un simple service. C’est une manière de prouver ses sentiments. Celui qui demande est en position d’attente. Il réclame une réponse positive, il veut qu’on l’aime, il veut qu’on lui démontre que l’on a vraiment de l’intérêt pour lui et ce qu’il fait. Demander un like, c’est se livrer à un chantage affectif déguisé… auquel l’autre cède la plupart du temps. Ne pas liker la page d’un ami, c’est une manière de lui signifier que l’on ne s’intéresse pas à son activité. C’est blessant et cela peut parfois créer des tensions et occasionner des disputes.

Alors qu’en définitive, tout cela reste virtuel.

Un été connecté

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Faisons un plongeon dans l’été… d’il y a vingt ans. À cette époque, le vacancier était confronté, une fois installé dans son lieu de villégiature, à trois corvées : le coup de téléphone aux proches pour dire qu’il était bien arrivé, les cartes postales pour dire que tout se passait bien et les photos de vacances pour attester qu’effectivement, tout s’était bien passé.

Je parle de corvées à juste titre. Honnêtement, qui n’a jamais peiné devant une carte postale ? Qui n’a jamais oublié l’adresse du destinataire ? Qui ne s’est jamais retrouvé en panne d’inspiration ? Qui n’a pas rechigné à faire développer ses photos et les classer dans un album acheté chez Carrefour ? Les corvées sont encore plus rébarbatives à l’étranger. La communication téléphonique qui coûte plus cher que d’habitude, la difficulté de trouver des timbres quand le vacancier ne connaît pas la traduction du mot dans la langue du pays, les délais d’arrivée des cartes… sont autant d’éléments pénibles.

Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont mis un terme à ce trio de corvées avec une facilité déconcertante. Encore faut-il capter un réseau Wi-FI gratuit, condition sine qua non pour rester connecté. Mais en général, la plupart des hôtels, bars et restaurants proposent ce service. Et certains endroits ont même eu la lumineuse idée de mettre en place un Wi-FI gratuit partout dans la ville, à l’instar de Tel Aviv en Israël.

Corvée numéro 1 : l’appel à un ami

Pas besoin de passer plusieurs appels pour rassurer famille et amis parfois éparpillés dans plusieurs villes, on se contente maintenant d’un statut Facebook pour avertir en un clic la totalité de ses contacts. Du classique “Bien arrivé” au plus sadique “30 degrés à l’ombre, le séjour va être chaud”, chacun annonce à sa manière que tout va bien pour lui. Twitter est une autre solution : un petit gazouillis en mentionnant les personnes à qui l’on veut s’adresser et le tour est joué. Et pour faire les choses dans les règles de l’art, le check-in sur Foursquare est de mise. Il permet même de savoir le nombre exact de kilomètres parcourus depuis la destination de départ ! Pour une efficacité optimale, une connexion à Path permet de publier simultanément un statut sur tous les réseaux précédemment cités.

Corvée numéro 2 : vous êtes timbré

Les cartes postales ont un je-ne-sais-quoi de délicieusement rétro mais il arrive parfois qu’une paresse typiquement estivale entraîne le vacancier à faire l’impasse sur cette étape. Là encore, Facebook est un moyen simple et rapide qui permet de donner des nouvelles au plus grand nombre. Mieux encore, il permet une interaction grâce aux commentaires. Pour illustrer son bonheur en image, Instagram s’impose. Couchers de soleil aux couleurs incroyables estampillés #NoFilter et plages sublimes en passant par des assiettes alléchantes, une photo pèse parfois plus lourd que des mots. Le tout, de manière instantanée. Les proches n’attendent pas impatiemment le passage du facteur. En revanche, ils aimeraient bien un peu moins de photos de pieds sur fond turquoise. A la longue, ça fatigue.

Corvée numéro 3 : mets pas tes doigts sur les photos

Prendre la pose, trouver une bonne âme pour immortaliser le moment, finir la pellicule, l’apporter au laboratoire, attendre une semaine pour récupérer ses précieux clichés et enfin, pouvoir les montrer. Drôle de chemin de croix. Le vacancier moderne ne se donne plus toute cette peine. Une fois la carte-mémoire de l’appareil remplie de photos, il n’a plus qu’à les télécharger sur Facebook ou même créer une galerie sur Google + en fonction des personnes avec qui il souhaite partager ses souvenirs (oui, il y a encore des gens qui utilisent Google +). Encore une fois, on retrouve les mêmes avantages que pour les corvées précédentes : une rapidité certaine et la possibilité de toucher un grand nombre de personnes sans même avoir à les prévenir. De plus, si certains de vos contacts Facebook ont activé les notifications à chacune de vos publications, ils seront prévenus instantanément dès que vos photos seront en ligne.

Finalement, la seule chose pour laquelle les réseaux sociaux ne vous seront d’aucune aide cet été, ce sera pour faire votre valise.

Twitter dame le pion à Meetic

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Ton père et moi, ça a commencé par des RT

Ta mère et moi, c’est une longue histoire de DM

Voilà le genre de phrases que certains enfants risquent d’entendre dans quelques années.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que Twitter – site de microblogging qui n’était pourtant pas destiné à détrôner Meetic – est aussi devenu un site de microflirting. Aujourd’hui, plutôt que de draguer sur un site de rencontres, on tweete.

Passage en revue des avantages de Twitter en cinq points essentiels :

– C’est gratuit. Contrairement à Attractive World, eDarling et consorts qui vous font payer un abonnement dont le montant peut parfois être supérieur à celui d’un plein de courses chez Monoprix, Twitter, lui, ne vous demande rien. Juste une adresse e-mail qui fonctionne.

– C’est concis. Twitter se limite à 140 caractères maximum, que ce soit pour vos tweets, votre bio ou vos messages privés. C’est autre chose que certains sites de rencontres qui exigent 500 caractères minimum pour votre description détaillée. Franchement, qui a envie de se répandre sur sa personne pendant des lignes et des lignes à part Narcisse ? Personne. Et tout le monde se fiche de savoir que vous êtes fan de patinage artistique ou de gastronomie népalaise.

– C’est discret. Twitter ne vous force pas à mettre de photo de vous où vous devez absolument être reconnaissable. C’est-à-dire que vous pouvez tout vous permettre : une photo de vos pieds, de vos bras, de votre bouche, de vos fesses, une tulipe, un nuage, une vague, le logo de votre marque préférée, la photo de votre star adorée. Et même rien. C’est extraordinaire, vous pouvez rester anonyme et être représenté par un petit œuf. Avantage supplémentaire : la photo apparaît tout de suite. Pas de validation interminable ni de refus de l’équipe de modération au bout de 24 heures.

– C’est spontané. Au lieu de passer des heures à étudier un profil, des caractéristiques physiques et comportementales à n’en plus finir, on regarde l’avatar, on lit quelques tweets et voilà, on s’est fait une idée. On aime ? On follow ! On aime toujours ? On mentionne ! On aime vraiment beaucoup ? On recommande ! On veut du concret ? On passe en message privé. Pourquoi faire compliqué, finalement ?

– C’est carrément moins honteux. Essayez de dire autour de vous que vous êtes sur AdopteUnMec. On va tout de suite vous cataloguer. Mais plutôt mal. Maintenant, dites que vous êtes sur Twitter. Vous voyez la différence dans les regards ? Certes, les inscriptions sur les sites de rencontres se sont démocratisées mais quand même, on passe pour quelqu’un de plus sérieux.

Il ne vous reste plus qu’à vous lancer et à succomber au chant du petit oiseau bleu ! Et si vous cherchez un compte à suivre, je vous conseille @iLaeti  Vous verrez, elle est charmante…

Tous les chemins mènent à Path

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Quand on évoque les réseaux sociaux personnels en France, on remarque que ce sont souvent les trois mêmes noms qui reviennent dans toutes les bouches : Facebook (également appelé le sixième continent), Twitter (le petit oiseau bleu qui séduit de plus en plus de monde) et Instagram (l’application magique qui nous fait croire que nous sommes tous des photographes professionnels en puissance).

Pour se faire un nom dans le haut du tableau, voire même pour voler une des places du trio de tête, les autres réseaux sociaux ont bien du mal. Il y en a qui résistent, qui prouvent qu’ils existent (Foursquare, Tumblr, Pinterest) et il y a ceux qui échouent carrément (Google Waves, Google +). Finalement, un réseau social c’est comme un jeune chanteur qui débute : il n’aspire qu’à devenir populaire et à toucher des millions de gens. Mais dans les deux cas, c’est une mission bien ardue car le marché est déjà saturé.

Dans cet univers impitoyable à côté duquel Dallas c’est La Petite Maison dans la Prairie, il y a quand même un petit nouveau qui a pointé le bout de son URL et qui a retenu mon attention. Et pas que la mienne puisque nous sommes plus de dix millions d’utilisateurs aujourd’hui.

Lancé en novembre 2010, Path n’est arrivé sur mon écran d’iPhone qu’en mars 2013. Mieux vaut tard que jamais, dit le dicton. Le premier contact n’a pas été très concluant : Path est rouge, comme Pinterest et comme Google + donc il n’innove pas côté couleur. Path est relou à prononcer quand on n’est pas anglophone (soit on dit Pat, soit on dit Pass, soit on dit Paf, soit on dit Mais si tu sais, ça veut dire chemin en anglais !). Path se revendique comme le Réseau Social Personnel, ce qui frise quand même l’oxymore. Path existe dans nos ordinateurs mais il faut télécharger l’application pour pouvoir l’utiliser. Sinon on ne peut rien en faire. Pas de bras, pas de chocolat. Path n’est pas vraiment intuitif.

J’ai joué avec quelques minutes, j’y ai retrouvé ma soeur et trois amis Facebook, je les ai ajoutés, j’ai mis une photo de profil et une autre de couverture (comme c’est original), j’ai connecté mon compte aux autres réseaux sociaux et comme il ne se passait rien, j’ai supprimé l’application de mon iPhone.

Un jour, j’y suis retournée, un peu par désœuvrement, un peu par curiosité. Il y avait un peu plus d’activité et un peu plus d’amis. J’ai été attirée par une fonctionnalité toute bête : celle qui permet d’indiquer à quelle heure on se couche et à quelle heure on se réveille. Cette fonctionnalité indique combien de temps on a dormi, dans quelle ville on se trouve et quel temps il y fait. Avec en plus un petit commentaire type Je suis bien reposé ou J’ai fait une sacrée grasse mat’. Là, c’était carrément plus convivial. Je me suis un peu plus penchée sur le reste, décidant de donner une seconde chance au produit.

En fait, Path est un réseau qui propose trois manières de s’exprimer :

– discuter tranquillement, grâce à une messagerie interne privée qui permet des discussions à deux ou plusieurs. Soit on tape du texte, soit on se parle par messages audio, soit on échange des photos, soit on partage sa localisation, soit on s’envoie des autocollants kawaii (préalablement achetés dans l’e-boutique). Et, naturellement, on voit quand la personne a lu le message. Il ne manque plus qu’une option vidéo mais bon, pour ça on a FaceTime et Skype, non ?

– publier des contenus par genres : on peut poster une photo (et lui appliquer un filtre), écrire un statut ou coller un lien vers un site Internet, partager sa localisation, choisir dans une liste de films, de musiques et de livres l’oeuvre qui nous est chère en ce moment et dire qu’on va se coucher ou qu’on se réveille. Une palette de spécificités plutôt variées.

– publier d’un coup sur plusieurs réseaux : Path offre la possibilité de publier l’item de son choix (photo, texte, lien, géolocalisation, chanson, film, lecture) sur cinq réseaux en même temps : Path (bien sûr), Facebook, Twitter, Tumblr et Foursquare. On choisit où l’on veut que l’information apparaisse grâce à cette fonctionnalité de publication tout-en-un. Bonus : on peut indiquer avec qui l’on se trouve (si tant est que la personne soit sur Path, bien entendu).

Ce dernier aspect me semble absolument prodigieux puisqu’il rassemble en un seul endroit toutes les spécificités qu’on aime dans chaque réseau social. On peut d’un coup d’un seul publier une photo en la retouchant, en indiquant où elle a été prise, qui est dessus, mettre un commentaire et envoyer instantanément toutes ces informations sur les réseaux sociaux de notre choix. En un clic, tout est mis à jour. Centralisation, efficacité et optimisation, Path a tout bon.

Que dire de plus ? Path indique à quelle heure on a posté un contenu, il nous dit qui est venu visiter notre profil, il nous permet de nous exprimer par rapport aux publications de nos amis (on a le choix entre un smiley, un coeur et/ou un commentaire), il nous envoie des notifications si on le lui demande. Mais Path ne nous permet pas de faire d’album photos, Path n’a pas encore cédé à la tentation du hashtag, Path est encore un peu inconnu, Path a une drôle d’allure quand on met son iPhone ou son iPad en mode paysage et Path aurait besoin d’une French Touch dans sa liste de films et de bouquins.

Finalement, Path est bel et bien un réseau social privé qui se présente comme un journal avec les événements de notre vie (A Path of your life disent-ils dans la FAQ) et qui prône le contrôle par l’utilisateur de ses informations. Path n’est pas synonyme de grand déballage. D’ailleurs, on ne peut pas avoir plus de cinquante amis. Au moins, on est prévenu : sur Path, on n’ajoute pas le premier venu. Pour moi, il a tout d’un grand et il mérite de figurer dans le haut du tableau de classement des réseaux sociaux.

Et vous, vous êtes sur Path ? Qu’en pensez-vous ?

Facebook, la nouvelle pierre tombale

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Ma cousine a récemment perdu un ami. Ou plutôt, l’ami d’un ami. Il faut dire qu’aujourd’hui, le terme ami recouvre plusieurs réalités. Mais nous en parlerons une autre fois.

Au-delà des considérations purement émotionnelles que cet événement a engendrées, c’est un élément virtuel qui a retenu mon attention : le journal Facebook dudit ami était rempli de messages de condoléances alors même que l’enterrement n’avait pas eu lieu. Toutes ces publications étaient étalées comme ça, sans aucune pudeur.

Cerise sur le gâteau, c’est de cette manière peu élégante que certaines personnes ont eu vent du décès !

Dans cette histoire, Facebook a joué un double rôle : celui de faire-part de décès et celui de pierre tombale en ligne où chacun a pu adresser un dernier mot à celui qui venait de quitter le monde réel – mais pas le monde virtuel.

Cette affaire soulève un autre questionnement : quand une personne meurt, on se demande ce qu’on va faire de son appartement, de ses biens… Aujourd’hui, il faut désormais aussi se demander ce que l’on fait de son compte Facebook.

Faut-il le supprimer, auquel cas il faudrait indiquer son mot de passe sur son testament en mentionnant expressément cette dernière volonté ? Faut-il laisser la famille ou le conjoint administrer le compte et recueillir les messages ? Faut-il le léguer ? Autant de questions auxquelles le principal intéressé ne peut malheureusement plus répondre.

Qui sait, peut-être que ce sujet sera un jour abordé par votre assureur quand vous lui parlerez de votre convention obsèques ?

L’effet lasagne

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L’affaire de la viande de cheval retrouvée dans les lasagnes Findus est révélatrice du mal de notre époque : la surenchère immédiate et continue.

Alors même que le scandale venait à peine d’éclater, toute la Twittosphère – soumise à l’implacable dictature du LOL – rivalisait de jeux de mots, calembours et autres traits d’esprit plus ou moins fins pour discuter de cette incroyable découverte.

140 caractères, des dessins, des affiches de films détournées, des articles, des Tumblr… à peine quelques heures après l’annonce ! Le tout a été ensuite relayé via les media grand public et tout le monde a ainsi pu y aller de son petit commentaire ou de sa petite contribution personnelle.

L’avantage des réseaux sociaux est qu’ils permettent à chacun de s’exprimer. Certes. Mais il arrive un moment où trop d’expression tue l’expression.

Dans l’affaire des lasagnes, nous avons tous souri en lisant des phrases bien senties au début. Mais après les avoir vues et revues plusieurs fois, nous étions au bord de l’overdose ! A trop vouloir se faire entendre et trouver le bon mot, cette histoire de lasagnes est devenue indigeste.

Et on constate qu’il en va de même pour toutes les grandes nouvelles que nous apprenons dans l’actualité : un nouveau Pape, une affaire de dopage, la démission d’un ministre. Blogueurs, twittos, facebookers, anonymes ou célébrités, chacun rajoute une couche à un plat déjà chargé.

L’effet lasagne, très semblable au phénomène de l’infobésité n’a pas fini de nourrir la toile… et de nous gaver.