Il faut bien que jeunesse se p@sse

Certains films au cinéma sont interdits aux moins de 16 ans, aux moins de 18 ans. Sans vouloir jouer la réactionnaire de service, je pense que de telles limites devraient s’appliquer aux réseaux sociaux. Si le web 1.0 permettaient de consulter l’information, l’avènement du web 2.0 a, de son côté, donné à chacun le droit de créer sa propre information et de publier librement ce que bon lui semble sur Internet. Une brèche géante dans laquelle chacun s’est engouffré… pour le meilleur mais surtout pour le pire.

Aujourd’hui pour les ados, les réseaux sociaux représentent un lieu public, au même titre que le banc sur lequel on s’assoit pour parler pendant des heures entre potes. On s’exprime devant tout le monde sans aucune pudeur. Le tag sur le mur dans la rue pour manifester son mécontentement, le journal intime pour déverser pensées et sentiments, les insultes destinées au prof écrites sur la table d’une salle de classe… pourquoi faire compliqué alors qu’un smartphone suffit à diffuser un état d’esprit en un clin d’œil à la Terre entière ?

Y’a ma reum, j’ai trop le seum

Le réseau social le plus connu, Facebook, est un terrain d’expression un peu particulier pour les ados car, la plupart du temps, ils comptent leurs parents parmi leurs nombreux amis. Oups. Difficile, dans ce cas, de tout dévoiler. Place alors aux messages cryptiques seulement compréhensibles par une poignée d’initiés, aux allusions, aux photos drôles, aux défis, aux citations et autres contenus politiquement corrects. Pour le reste, il y a Instagram et Snapchat, des réseaux sur lesquels les parents ne sont pas présents. Ouf. Là, on se fait plaisir en toute liberté. Selfies en pagaille, un doigt d’honneur par-ci, un joint par-là, un décolleté, un piercing, du rouge à lèvres ou une pose peu convenable… ça sent la liberté à plein nez. Heureusement que Papa ne voit pas que sa gentille petite fille s’est acheté un string avec son argent de poche.

Des trending topics qui piquent

Mais au-delà du choc des photos, le plus impressionnant est encore le poids (lourd) des mots. Twitter, avec ses 140 caractères, permet de poster ce qu’on pense en quelques secondes. Quand on ne suit pas d’ado, on est à l’abri. Mais il suffit de jeter un œil aux TT (les trending topics, les sujets les plus populaires sur le réseau) à chaque début de vacances scolaires pour comprendre l’ampleur des dégâts. Fautes d’orthographe, déferlement de haine, racisme… tout y passe, pourvu que ça fasse du bruit. Les tweets sont d’une violence sans nom : on clash, on insulte, bref, on se défoule sur le premier sujet venu et le tout dans la plus grande ignorance du sujet.

Le cas le plus flagrant et le plus alarmant a commencé après l’épreuve du bac français. Les élèves de première qui ont eu à commenter un poème de Victor Hugo ont littéralement assassiné l’écrivain : entre les « fdp » par dizaines (comprendre : « fils de pute»), les « je t’encule », « nique ta mère » et autres joyeusetés, la journée d’hier a vu circuler de très nombreux tweets agressifs et vulgaires à l’encontre de l’auteur. Pourquoi tant de haine ? Pourquoi se lâcher ainsi et, par là même, afficher à la face du monde un manque cruel de culture, de respect et de décence ? Il ne s’agit effectivement là que d’une poignée d’élèves mais ce phénomène est néanmoins très inquiétant.

Quels tweets pourrons-nous lire dans un an quand ils passeront le bac ? « Bâtard de Kant, va te faire foutre avec ta critique de la raison pure de mes couilles ». Auront-ils mûri quand ils seront à l’université, en entreprise ? Ou continueront-ils à insulter ainsi auteurs, professeurs et collègues ? Soyons optimistes et espérons que ce genre de fougue mal contrôlée s’atténuera avec le temps. Il faut bien que jeunesse se passe…

La vie rêvée du favori Twitter

Image

Avant toute chose, cette dame qui ne craint pas d’attraper froid s’appelle Diane de Poitiers (la favorite d’Henri II). Maintenant que votre curiosité est satisfaite, parlons des favoris sur Twitter.

Le favori Twitter est une petite étoile sur laquelle on clique (pour un utilisateur de clavier) ou tapote (pour un utilisateur de smartphone et de tablette). Ce petit geste anodin peut néanmoins avoir plusieurs significations que nous allons passer en revue.

1. Le favori – “Like”
Quand un Twittos trouve un tweet pertinent, intelligent, drôle ou percutant, quand une belle photo lui plaît, quand un article l’intéresse, il le “favorise” (on appréciera au passage ce charmant néologisme) afin de dire à son auteur à quel point il a aimé ses 140 caractères. C’est une manière de dire “Je suis d’accord avec toi, j’apprécie ce que tu dis”.

2. Le favori – signet
Sur Twitter, tout va très vite et le Twittos n’a parfois pas le temps de lire les articles qu’il voudrait. Ou alors il capte en Edge dans le métro. La solution pour se souvenir de ce tweet/ce lien plus tard ? Mettre un favori. Ainsi, quand il aura du temps et/ou une couverture réseau correcte, il pourra retrouver dans sa liste de tweets favoris le ou les articles qu’il doit absolument aller voir. Dans ce cas, le favori Twitter prend la forme d’un favori de navigateur Internet.

3. Le favori – eNarcisse*
Parfois, au cours d’une conversation sur Twitter, des compliments, des marques de gentillesse et autres mots agréables peuvent surgir : quelqu’un qui a aimé votre article, votre nouvelle PP… ou qui vous souhaite un bon anniversaire ou une bonne année. Mettre ces tweets-là en favoris permet de se faire un petit égo-trip à moindre frais et de stocker plusieurs mégas d’amour sans limitation de taille. Une petite baisse de moral ? Le Twittos clique sur sa rubrique “Favoris” et le voilà rasséréné pour la journée.

*pour mémoire, l’article sur le e-Narcisse se trouve ici

4. Le favori – EOC
EOC signifie End of Conversation. Quand on ne sait pas comment terminer un échange de tweets qui devient un peu longuet avec une personne, il suffit de favoriser le dernier tweet qu’elle nous a adressé, auquel on n’a pas envie de répondre et qui, de surcroît, ne nécessite même pas de réponse. Ce favori-là veut dire “OK, c’est très bien tout ça, ça m’a fait plaisir de parler avec toi mais on va s’arrêter là. Bisous”. Un peu brut de décoffrage mais efficace. Et si on ne veut pas froisser la personne, on peut toujours lui envoyer un DM.

5. Le favori – jtm
Dernier cas de figure. Une personne favorise sans arrêt vos tweets, même ceux qui ne sont pas forcément intéressants ? Ne cherchez pas plus loin, cette personne est en train de vous faire passer un message subliminal : elle vous e-kiffe ! En favorisant tout ce que vous écrivez, elle vous témoigne une profonde admiration… si ce n’est plus. Si elle vous envoie également des DM pour des raisons improbables, méfiez-vous : elle a peut-être déjà créé un fan-club ou érigé une statue à votre effigie. Comme quoi le favori peut également remplacer une lettre d’amour.

Vous l’aurez compris, le favori a plusieurs vies. Alors posez-vous bien les bonnes questions la prochaine fois que vous cliquerez sur la petite étoile…

2013, l’Odyssée du hashtag

IMG_0499

Au commencement, personne ne prononçait le mot hashtag. Le petit croisillon s’appelait dièse et il était sur la dernière ligne de notre clavier de téléphone, juste à côté du zéro. Il avait une utilisation tout à fait marginale, servant très peu, juste pour naviguer dans un menu lors d’une conversation téléphonique de service. Nous avons tous entendu la douce d’une opératrice nous dire : “Pour continuer, appuyez sur la touche étoile, pour revenir au menu, appuyez sur la touche dièse”. Mais ça, c’était avant.

En 2006, le petit oiseau de Twitter est sorti de son oeuf, générant une joyeuse cacophonie de gazouillis. Comment mettre de l’ordre dans toute cette cohue d’informations ? C’est en 2007 que le hashtag est apparu. Il s’agissait de faire précéder un mot du symbole dièse, cela le rendait cliquable et permettait d’avoir accès à tous les tweets contenant ce même mot. Le référencement par le hashtag était né.

Les mois passant, la pratique s’est répandue. Qu’il s’agisse d’informations sérieuses (#éléctionsprésidentielles2012) ou moins sérieuses (#missfrance2010), l’utilisation du hashtag est devenue systématique. Son usage a même été détourné pour des sujets bien plus légers comme le #jeudiconfession (on avoue des choses honteuses le jeudi), le #VDM (le fameux “Vie de Merde”) et autres thèmes. Le hashtag commençait à avoir de l’humour. Twitter n’étant pas encore le média puissant que nous connaissons aujourd’hui, le hashtag était parfois une bouée de sauvetage providentielle : par exemple lors du concours de l’Eurovision en 2011, on a surpris à plusieurs reprises les commentateurs de l’émission reprendre et s’attribuer certaines vannes et bons mots de Twittos. En panne d’imagination, ces petits malins avaient tout simplement utilisé le hashtag pour voir ce qui se disait sur la toile de plus drôle pour ensuite répéter cela à l’antenne. Pas joli joli, tout ça.

Le hashtag était, jusqu’à ce moment, uniquement présent sur Twitter.

En octobre 2010, Instagram est né. Ce réseau social permettant de publier et d’ajouter des filtres à nos photos est devenu très populaire. Le hashtag en a profité pour tenter de faire des infidélités à Twitter et venir s’immiscer dans les légendes des photos. Objectif : un maximum de likes pour l’utilisateur qui n’hésitait pas à mettre des lignes entières de hashtags (#igers #igersparis #pleasefollowme #instafood #instagood #citylife #picoftheday etc.) afin d’être toujours plus visible. Après avoir été racheté par Facebook en avril 2012, Instagram est devenu encore plus prisé. Et le hashtag s’y est confortablement installé.

Mais c’est véritablement en 2013 que tout s’est accéléré pour le hashtag.

En janvier 2013, une traduction française lui a été officiellement attribuée. Alors que le mot en anglais commençait à se faire entendre dans nos conversations, le terme mot-dièse est apparu avec la vocation de le remplacer. Sans grand succès.

En mai 2013, il est entré dans le Petit Robert et dans le Larousse. Ce dernier a opté pour cette définition : Mot clé cliquable, précédé du signe dièse (#), permettant de faire du référencement sur les sites de microblogage : Le hashtag #chien regroupe les posts consacrés au chien sur Twitter. 

En juin 2013, il a officiellement débarqué sur Facebook. Alors qu’il y a quelques années, on se moquait des Twittos qui avaient le malheur d’utiliser des hashtags sur Facebook, c’est finalement le petit symbole qui a gagné le match et qui a imposé sa présence sur le plus grand réseau social du monde. Hashatg : 1 – Mark  Zuckerberg : 0

Le hashtag est également allé faire un tour du côté de Google+ malgré le succès mitigé que l’on connaît à cette plateforme.

Aujourd’hui, alors que l’année touche à sa fin, on retrouve des hashtags partout : dans certaines publicités à la télévision (#EDFPulse apparaît à la fin du spot), dans les magazines (on a relevé un #cauchemar dans un article consacré au maquillage dans l’hebdomadaire Stylist), sur les affiches 4×3 dans le métro (#NOELFNAC pour ne citer que lui), et, bien entendu, dans les émissions de télévision, les séries et autres programmes populaires. Même Julien Lepers et son éternel Question pour un Champion ont leur hashtag #QPUC ! Il sert à catégoriser les articles sur les blogs. On retrouve également le hashtag dans le langage oral. Une chose est sûre : il est devenu incontournable et est aujourd’hui le meilleur moyen de trouver les résultats pertinents relatifs à une actualité, une marque, un produit ou une personnalité.

Le hashtag, plus fort que Google ? En tout cas, maintenant qu’il s’est échappé du web comme un animal s’échappe du zoo et qu’il a pris son envol, nul doute qu’il n’a pas fini de faire parler de lui et de nous surprendre. #onparie ?

Un été connecté

plage_ordi

Faisons un plongeon dans l’été… d’il y a vingt ans. À cette époque, le vacancier était confronté, une fois installé dans son lieu de villégiature, à trois corvées : le coup de téléphone aux proches pour dire qu’il était bien arrivé, les cartes postales pour dire que tout se passait bien et les photos de vacances pour attester qu’effectivement, tout s’était bien passé.

Je parle de corvées à juste titre. Honnêtement, qui n’a jamais peiné devant une carte postale ? Qui n’a jamais oublié l’adresse du destinataire ? Qui ne s’est jamais retrouvé en panne d’inspiration ? Qui n’a pas rechigné à faire développer ses photos et les classer dans un album acheté chez Carrefour ? Les corvées sont encore plus rébarbatives à l’étranger. La communication téléphonique qui coûte plus cher que d’habitude, la difficulté de trouver des timbres quand le vacancier ne connaît pas la traduction du mot dans la langue du pays, les délais d’arrivée des cartes… sont autant d’éléments pénibles.

Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont mis un terme à ce trio de corvées avec une facilité déconcertante. Encore faut-il capter un réseau Wi-FI gratuit, condition sine qua non pour rester connecté. Mais en général, la plupart des hôtels, bars et restaurants proposent ce service. Et certains endroits ont même eu la lumineuse idée de mettre en place un Wi-FI gratuit partout dans la ville, à l’instar de Tel Aviv en Israël.

Corvée numéro 1 : l’appel à un ami

Pas besoin de passer plusieurs appels pour rassurer famille et amis parfois éparpillés dans plusieurs villes, on se contente maintenant d’un statut Facebook pour avertir en un clic la totalité de ses contacts. Du classique “Bien arrivé” au plus sadique “30 degrés à l’ombre, le séjour va être chaud”, chacun annonce à sa manière que tout va bien pour lui. Twitter est une autre solution : un petit gazouillis en mentionnant les personnes à qui l’on veut s’adresser et le tour est joué. Et pour faire les choses dans les règles de l’art, le check-in sur Foursquare est de mise. Il permet même de savoir le nombre exact de kilomètres parcourus depuis la destination de départ ! Pour une efficacité optimale, une connexion à Path permet de publier simultanément un statut sur tous les réseaux précédemment cités.

Corvée numéro 2 : vous êtes timbré

Les cartes postales ont un je-ne-sais-quoi de délicieusement rétro mais il arrive parfois qu’une paresse typiquement estivale entraîne le vacancier à faire l’impasse sur cette étape. Là encore, Facebook est un moyen simple et rapide qui permet de donner des nouvelles au plus grand nombre. Mieux encore, il permet une interaction grâce aux commentaires. Pour illustrer son bonheur en image, Instagram s’impose. Couchers de soleil aux couleurs incroyables estampillés #NoFilter et plages sublimes en passant par des assiettes alléchantes, une photo pèse parfois plus lourd que des mots. Le tout, de manière instantanée. Les proches n’attendent pas impatiemment le passage du facteur. En revanche, ils aimeraient bien un peu moins de photos de pieds sur fond turquoise. A la longue, ça fatigue.

Corvée numéro 3 : mets pas tes doigts sur les photos

Prendre la pose, trouver une bonne âme pour immortaliser le moment, finir la pellicule, l’apporter au laboratoire, attendre une semaine pour récupérer ses précieux clichés et enfin, pouvoir les montrer. Drôle de chemin de croix. Le vacancier moderne ne se donne plus toute cette peine. Une fois la carte-mémoire de l’appareil remplie de photos, il n’a plus qu’à les télécharger sur Facebook ou même créer une galerie sur Google + en fonction des personnes avec qui il souhaite partager ses souvenirs (oui, il y a encore des gens qui utilisent Google +). Encore une fois, on retrouve les mêmes avantages que pour les corvées précédentes : une rapidité certaine et la possibilité de toucher un grand nombre de personnes sans même avoir à les prévenir. De plus, si certains de vos contacts Facebook ont activé les notifications à chacune de vos publications, ils seront prévenus instantanément dès que vos photos seront en ligne.

Finalement, la seule chose pour laquelle les réseaux sociaux ne vous seront d’aucune aide cet été, ce sera pour faire votre valise.

Twitter dame le pion à Meetic

Image
Ton père et moi, ça a commencé par des RT

Ta mère et moi, c’est une longue histoire de DM

Voilà le genre de phrases que certains enfants risquent d’entendre dans quelques années.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que Twitter – site de microblogging qui n’était pourtant pas destiné à détrôner Meetic – est aussi devenu un site de microflirting. Aujourd’hui, plutôt que de draguer sur un site de rencontres, on tweete.

Passage en revue des avantages de Twitter en cinq points essentiels :

– C’est gratuit. Contrairement à Attractive World, eDarling et consorts qui vous font payer un abonnement dont le montant peut parfois être supérieur à celui d’un plein de courses chez Monoprix, Twitter, lui, ne vous demande rien. Juste une adresse e-mail qui fonctionne.

– C’est concis. Twitter se limite à 140 caractères maximum, que ce soit pour vos tweets, votre bio ou vos messages privés. C’est autre chose que certains sites de rencontres qui exigent 500 caractères minimum pour votre description détaillée. Franchement, qui a envie de se répandre sur sa personne pendant des lignes et des lignes à part Narcisse ? Personne. Et tout le monde se fiche de savoir que vous êtes fan de patinage artistique ou de gastronomie népalaise.

– C’est discret. Twitter ne vous force pas à mettre de photo de vous où vous devez absolument être reconnaissable. C’est-à-dire que vous pouvez tout vous permettre : une photo de vos pieds, de vos bras, de votre bouche, de vos fesses, une tulipe, un nuage, une vague, le logo de votre marque préférée, la photo de votre star adorée. Et même rien. C’est extraordinaire, vous pouvez rester anonyme et être représenté par un petit œuf. Avantage supplémentaire : la photo apparaît tout de suite. Pas de validation interminable ni de refus de l’équipe de modération au bout de 24 heures.

– C’est spontané. Au lieu de passer des heures à étudier un profil, des caractéristiques physiques et comportementales à n’en plus finir, on regarde l’avatar, on lit quelques tweets et voilà, on s’est fait une idée. On aime ? On follow ! On aime toujours ? On mentionne ! On aime vraiment beaucoup ? On recommande ! On veut du concret ? On passe en message privé. Pourquoi faire compliqué, finalement ?

– C’est carrément moins honteux. Essayez de dire autour de vous que vous êtes sur AdopteUnMec. On va tout de suite vous cataloguer. Mais plutôt mal. Maintenant, dites que vous êtes sur Twitter. Vous voyez la différence dans les regards ? Certes, les inscriptions sur les sites de rencontres se sont démocratisées mais quand même, on passe pour quelqu’un de plus sérieux.

Il ne vous reste plus qu’à vous lancer et à succomber au chant du petit oiseau bleu ! Et si vous cherchez un compte à suivre, je vous conseille @iLaeti  Vous verrez, elle est charmante…

L’effet lasagne

lasagnes
L’affaire de la viande de cheval retrouvée dans les lasagnes Findus est révélatrice du mal de notre époque : la surenchère immédiate et continue.

Alors même que le scandale venait à peine d’éclater, toute la Twittosphère – soumise à l’implacable dictature du LOL – rivalisait de jeux de mots, calembours et autres traits d’esprit plus ou moins fins pour discuter de cette incroyable découverte.

140 caractères, des dessins, des affiches de films détournées, des articles, des Tumblr… à peine quelques heures après l’annonce ! Le tout a été ensuite relayé via les media grand public et tout le monde a ainsi pu y aller de son petit commentaire ou de sa petite contribution personnelle.

L’avantage des réseaux sociaux est qu’ils permettent à chacun de s’exprimer. Certes. Mais il arrive un moment où trop d’expression tue l’expression.

Dans l’affaire des lasagnes, nous avons tous souri en lisant des phrases bien senties au début. Mais après les avoir vues et revues plusieurs fois, nous étions au bord de l’overdose ! A trop vouloir se faire entendre et trouver le bon mot, cette histoire de lasagnes est devenue indigeste.

Et on constate qu’il en va de même pour toutes les grandes nouvelles que nous apprenons dans l’actualité : un nouveau Pape, une affaire de dopage, la démission d’un ministre. Blogueurs, twittos, facebookers, anonymes ou célébrités, chacun rajoute une couche à un plat déjà chargé.

L’effet lasagne, très semblable au phénomène de l’infobésité n’a pas fini de nourrir la toile… et de nous gaver.