Un été connecté

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Faisons un plongeon dans l’été… d’il y a vingt ans. À cette époque, le vacancier était confronté, une fois installé dans son lieu de villégiature, à trois corvées : le coup de téléphone aux proches pour dire qu’il était bien arrivé, les cartes postales pour dire que tout se passait bien et les photos de vacances pour attester qu’effectivement, tout s’était bien passé.

Je parle de corvées à juste titre. Honnêtement, qui n’a jamais peiné devant une carte postale ? Qui n’a jamais oublié l’adresse du destinataire ? Qui ne s’est jamais retrouvé en panne d’inspiration ? Qui n’a pas rechigné à faire développer ses photos et les classer dans un album acheté chez Carrefour ? Les corvées sont encore plus rébarbatives à l’étranger. La communication téléphonique qui coûte plus cher que d’habitude, la difficulté de trouver des timbres quand le vacancier ne connaît pas la traduction du mot dans la langue du pays, les délais d’arrivée des cartes… sont autant d’éléments pénibles.

Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont mis un terme à ce trio de corvées avec une facilité déconcertante. Encore faut-il capter un réseau Wi-FI gratuit, condition sine qua non pour rester connecté. Mais en général, la plupart des hôtels, bars et restaurants proposent ce service. Et certains endroits ont même eu la lumineuse idée de mettre en place un Wi-FI gratuit partout dans la ville, à l’instar de Tel Aviv en Israël.

Corvée numéro 1 : l’appel à un ami

Pas besoin de passer plusieurs appels pour rassurer famille et amis parfois éparpillés dans plusieurs villes, on se contente maintenant d’un statut Facebook pour avertir en un clic la totalité de ses contacts. Du classique “Bien arrivé” au plus sadique “30 degrés à l’ombre, le séjour va être chaud”, chacun annonce à sa manière que tout va bien pour lui. Twitter est une autre solution : un petit gazouillis en mentionnant les personnes à qui l’on veut s’adresser et le tour est joué. Et pour faire les choses dans les règles de l’art, le check-in sur Foursquare est de mise. Il permet même de savoir le nombre exact de kilomètres parcourus depuis la destination de départ ! Pour une efficacité optimale, une connexion à Path permet de publier simultanément un statut sur tous les réseaux précédemment cités.

Corvée numéro 2 : vous êtes timbré

Les cartes postales ont un je-ne-sais-quoi de délicieusement rétro mais il arrive parfois qu’une paresse typiquement estivale entraîne le vacancier à faire l’impasse sur cette étape. Là encore, Facebook est un moyen simple et rapide qui permet de donner des nouvelles au plus grand nombre. Mieux encore, il permet une interaction grâce aux commentaires. Pour illustrer son bonheur en image, Instagram s’impose. Couchers de soleil aux couleurs incroyables estampillés #NoFilter et plages sublimes en passant par des assiettes alléchantes, une photo pèse parfois plus lourd que des mots. Le tout, de manière instantanée. Les proches n’attendent pas impatiemment le passage du facteur. En revanche, ils aimeraient bien un peu moins de photos de pieds sur fond turquoise. A la longue, ça fatigue.

Corvée numéro 3 : mets pas tes doigts sur les photos

Prendre la pose, trouver une bonne âme pour immortaliser le moment, finir la pellicule, l’apporter au laboratoire, attendre une semaine pour récupérer ses précieux clichés et enfin, pouvoir les montrer. Drôle de chemin de croix. Le vacancier moderne ne se donne plus toute cette peine. Une fois la carte-mémoire de l’appareil remplie de photos, il n’a plus qu’à les télécharger sur Facebook ou même créer une galerie sur Google + en fonction des personnes avec qui il souhaite partager ses souvenirs (oui, il y a encore des gens qui utilisent Google +). Encore une fois, on retrouve les mêmes avantages que pour les corvées précédentes : une rapidité certaine et la possibilité de toucher un grand nombre de personnes sans même avoir à les prévenir. De plus, si certains de vos contacts Facebook ont activé les notifications à chacune de vos publications, ils seront prévenus instantanément dès que vos photos seront en ligne.

Finalement, la seule chose pour laquelle les réseaux sociaux ne vous seront d’aucune aide cet été, ce sera pour faire votre valise.

Twitter dame le pion à Meetic

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Ton père et moi, ça a commencé par des RT

Ta mère et moi, c’est une longue histoire de DM

Voilà le genre de phrases que certains enfants risquent d’entendre dans quelques années.

Pourquoi ?

Tout simplement parce que Twitter – site de microblogging qui n’était pourtant pas destiné à détrôner Meetic – est aussi devenu un site de microflirting. Aujourd’hui, plutôt que de draguer sur un site de rencontres, on tweete.

Passage en revue des avantages de Twitter en cinq points essentiels :

– C’est gratuit. Contrairement à Attractive World, eDarling et consorts qui vous font payer un abonnement dont le montant peut parfois être supérieur à celui d’un plein de courses chez Monoprix, Twitter, lui, ne vous demande rien. Juste une adresse e-mail qui fonctionne.

– C’est concis. Twitter se limite à 140 caractères maximum, que ce soit pour vos tweets, votre bio ou vos messages privés. C’est autre chose que certains sites de rencontres qui exigent 500 caractères minimum pour votre description détaillée. Franchement, qui a envie de se répandre sur sa personne pendant des lignes et des lignes à part Narcisse ? Personne. Et tout le monde se fiche de savoir que vous êtes fan de patinage artistique ou de gastronomie népalaise.

– C’est discret. Twitter ne vous force pas à mettre de photo de vous où vous devez absolument être reconnaissable. C’est-à-dire que vous pouvez tout vous permettre : une photo de vos pieds, de vos bras, de votre bouche, de vos fesses, une tulipe, un nuage, une vague, le logo de votre marque préférée, la photo de votre star adorée. Et même rien. C’est extraordinaire, vous pouvez rester anonyme et être représenté par un petit œuf. Avantage supplémentaire : la photo apparaît tout de suite. Pas de validation interminable ni de refus de l’équipe de modération au bout de 24 heures.

– C’est spontané. Au lieu de passer des heures à étudier un profil, des caractéristiques physiques et comportementales à n’en plus finir, on regarde l’avatar, on lit quelques tweets et voilà, on s’est fait une idée. On aime ? On follow ! On aime toujours ? On mentionne ! On aime vraiment beaucoup ? On recommande ! On veut du concret ? On passe en message privé. Pourquoi faire compliqué, finalement ?

– C’est carrément moins honteux. Essayez de dire autour de vous que vous êtes sur AdopteUnMec. On va tout de suite vous cataloguer. Mais plutôt mal. Maintenant, dites que vous êtes sur Twitter. Vous voyez la différence dans les regards ? Certes, les inscriptions sur les sites de rencontres se sont démocratisées mais quand même, on passe pour quelqu’un de plus sérieux.

Il ne vous reste plus qu’à vous lancer et à succomber au chant du petit oiseau bleu ! Et si vous cherchez un compte à suivre, je vous conseille @iLaeti  Vous verrez, elle est charmante…